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L'HISTOIRE RECENTE DE L'ACADEMIE

 

Le discours du Secrétaire Perpétuel lors de la séance de clôture de l'année académique équivaut dans les statuts de l'Académie au " Rapport moral " des Associations ordinaires

 

Il est donc utile de réunir ces discours sous une même rubrique  " Histoire récente "

 

 

 

SEANCE DE CLÔTURE DE L’ANNEE 2019-2020

LOURMARIN : 17 octobre 2019

 

Monsieur le Président,

Chères consœurs, chers confrères,

Mesdames, Messieurs,

 

Oui, le vent mauvais s’est un peu assagi, mais il est toujours présent. Nous avons plié le dos dans une longue attente et les éléments se sont un peu calmés. La route de la soie, un joli nom pour transporter un virus venant de Chine ! Lors des guerres de 1870-71, 1914-1918 et 1939-1945 l’Académie s’est fait un honneur de maintenir ses séances, là il en fut autrement. Il fallait une véritable ligne Maginot devant un ennemi invisible. Ce fut le confinement.

Notre premier contact avec le virus fut fin janvier, lorsque notre confrère Ogura m’a prévenu que son Université lui déconseillait vivement de quitter le Japon. Heureusement son absence du 9 mars nous valut une intervention de notre consœur Nicole Horassius-Jarrié faite avec le sourire.  Alors, le Bureau, suivant les instructions officielles concernant la liberté d’aller et venir, dès le 13 mars, a suspendu les séances hebdomadaires, a fermé le musée et la bibliothèque patrimoniale. Le personnel a pris une vitesse de croisière selon son statut. Nous étions des personnes à risques, comme il fut dit, nous avons suivi les conseils d’isolement.

Mais vous êtes là aujourd’hui. Si nous étions dans des temps anciens, mais aussi actuels, nous pourrions nous demander à laquelle des trois saintes qu’abrite notre musée : Marthe, Consorce, Marie-Madeleine, il faut adresser une reconnaissance.

L’année académique 2019-2020 avait commencé comme toutes les années : rentrée le 5 novembre avec le traditionnel hommage au mausolée de l’Académie, la séance de rentrée ses élections et le pot convivial. Le Bureau a été renouvelé : Jean-Pierre Centi élu Président en remplacement de Jean-Jacques Lecomte, arrivé en fin de mandat, qui devenait premier vice-président. Bernard Mille élu second vice-président, Bertrand Morard trésorier adjoint, Marie-Clotilde Escalle secrétaire de séance et Madeleine Com secrétaire - adjoint. Les autres membres du Bureau n’étaient pas soumis à réélection : Jean-Marc Jarry, trésorier, Jean Bonnoit archiviste, Dominique Mazel conservatrice de la bibliothèque patrimoniale, Bernard Terlay conservateur du musée, Jean-Luc Kieffer secrétaire perpétuel. Les commissions habituelles furent reconduites, parfois avec de nouveaux membres. Deux groupes de travail furent mis en place : un groupe maintenance pour les travaux courants et un groupe de communication externe chargé de promouvoir le rayonnement de l’Académie. Le Bureau remercie vivement l’ensemble de tous les participants qui donne de leur temps pour la vie de l’Académie.

Enfin de nouvelles élections de membres se sont déroulées en février-mars. Madame Marie-Jeanne Coutagne et Monsieur Jacques Maleyran ont été élus titulaires, la première au fauteuil de Maurice Bernard devenu honoraire, le second au fauteuil de Franck Lapeyrère. Les réceptions se feront en 2021. De nouveaux associés entrent à l’Académie : Madame Marie-Madeleine Lapeyrère, Messieurs Christian Dureuil, Emmanuel de Foresta, Jean-Paul Kieffer, Pierre Taudou. Leur entrée à l’Académie a été retardée à la suite des mesures sanitaires.

Le 3 mars s’est tenu la séance solennelle de réception du professeur Jean-Louis Charlet, élu titulaire l’an passé. Il fit un éloge remarqué de son prédécesseur, le Docteur Michel Horassius. Notre confrère et ancien président Albert Giraud l’a accueilli au 23e fauteuil. Les Lettres hebdomadaires du 3 et 10 mars rappellent l’événement. Celle du 10 mars présente les titres de Madame de Saint-Pulgent qui nous a fait l’honneur d’accepter de devenir membre d’honneur de notre compagnie. Lors de sa visite de notre hôtel, le Bureau lui a exprimé sa profonde reconnaissance.

Nous avons été attristés par le décès de plusieurs de nos confrères ; André Martel, membre honoraire, Maurice Bernard, membre honoraire, Jean-Philippe Ravoux, membre associé et Marc Fumaroli, membre de l’Académie française et membre d’Honneur de notre Compagnie. Il avait fait partie du Comité d’Honneur lors des manifestations autour du bicentenaire de la « re-création » de notre Académie. Le mot est du président Roger Bout, dans la préface du Bulletin 2008-2009. Marc Fumaroli avait fait une conférence au théâtre du Jeu de paume.

Le 5 octobre, l’Académie a vécu une belle cérémonie : la remise de la médaille de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à notre ancien président Max Michelard, sur le contingent du Premier ministre. Sa famille était présente, un grand nombre de consœurs et confrères remplissait la salle. Le Président Jean-Jacques Lecomte rappela les mérites professionnels et académiques du récipiendaire, le secrétaire perpétuel, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, lui agrafa l’insigne selon le protocole, puis Max Michelard, très ému, prit la parole, toute l’assistance a frissonné lorsqu’une de ses petites filles est venue le soutenir.

 

Cette année 15 séances seulement sur les 25 habituelles, une pour la rentrée, une de réception et 13 communications. Comme souvent c’est l’éclectisme qui l’emporte avec une petite majorité pour l’histoire générale et locale.

Nous avons été conviés à entendre une présentation de la guerre et la paix au début du second millénaire puis avons abordé l’Empire romain d’occident, l’Église et l’assimilation des Barbares (IVe - IX siècle), nous avons suivi les multiples vies de Pellegrino Rossi (1737-1848), enfin, localement il nous fut rappelé qu’avant l’Aixpress il y eu le tramway et que le festival d’Aix est né après la guerre. Des communications sur la peinture, la littérature, la philosophie : Armand Lunel et les peintres, Albert Camus dialogue avec les peintres : Klein, Balthus, Masson, Picasso, Cézanne, Piero della Francesca, Giotto, puis Maurice Blondel (1861-1949), l’exigence pour l’homme. Enfin des pièces uniques : les exoplanètes, le retour en force du protectionnisme : quid des leçons de l’histoire ? La Chine en 2020, et de quelques réflexions à propos de la bioéthique. Hors communication il nous fut apporté une réflexion sur l’Académie et l’informatique. Nous avons terminé, le 9 mars, sur le sourire, tout un programme.

Le Bureau a tenu plusieurs réunions en visioconférence et a créé un lien nouveau entre les membres : Les Échos de l’Académie qui est à sa 10e parution. Un grand merci à ceux qui contribuent aux articles, et, surtout, à la petite équipe qui le met en forme et le transmet, nos confrères Pierre Nalin et Frédéric Couffy. Cette publication a connu un grand succès, elle a maintenu les liens entre les Académiciens, elle nous a valu un article dans La Provence ! Elle ne fait pas double emploi avec La Lettre de l’Académie. Celle-ci, en revanche, ne compta que 17 numéros alors qu’en année pleine c’est entre 25 et 28.

Le maire de Bouc-Bel-Air nous a remerciés pour notre prêt d’objets exposés lors d’une fête qui a été, dit-il, un succès.

Cette année, plusieurs de nos confrères ont publié : Albert Giraud : Le banquet provençal et nissart, Nadine Labory  a dirigé : Armand Lunel, un enchanteur et son imagerie, Françoise Gallo : Fortuna, Jean-Louis Charrière : La démolition du palais comtal d’Aix-en-Provence,  Norbert Rouland : Retour du Brésil. Impression d’un juriste anthropologue français, plus ancien.

Amélie Ferrigno, notre bibliothécaire, a été couronnée par l’Académie de Marseille, prix du Dr Charles Toinou, pour sa thèse : Le peintre et son modèle. Raphaël et Agosti

À l’initiative de Bernard Guastalla se met en place un travail de longue haleine : un dictionnaire des Aixois célèbres. Il a réuni une petite équipe de consœurs et confrères chargés chacun d’un thème : peinture, justice, armée, etc. Ils ont déjà entamé leurs recherches. Elles commencent à Sextius Calvinus et ne portent pas sur les vivants actuels.

Merci à nos consœurs et confrères qui ont bien voulu reporter leur intervention en 2020-21, allégeant ainsi mes soucis de secrétaire perpétuel.

Place à l’éloge de la Vertu et à la remise des prix. Il en manque, cette année, mais la commission a bien travaillé.

Merci et à la très prochaine rentrée.

 

Jean-Luc Kieffer

 

 

 

 

LOURMARIN - Clôture 2018-2019

 

Monsieur le Président,

Chères consœurs, chers confrères,

Mesdames, Messieurs

 

Il y a cent ans, le 11 juin 1919, en rendant compte de la 99e séance publique, le bulletin de l’époque écrit : « Une foule nombreuse avait envahi, bien avant l’heure, la coquette salle des Fêtes du Musée Arbaud, décorée si artistement de peintures anciennes et de faïences de Moustiers. Une place d’honneur avait été réservée aux autorités, aux notabilités de la ville et à un grand nombre de dames ». Il y avait aussi les lauréats des prix et leur famille. En 1919, l’Académie, fidèle à sa fonction caritative, décernait des prix de vertu et des pensions : le prix Rambot, attribué à un jeune marin ayant sauvé des vies lors du torpillage du Provence en 1916, le prix Reynier , attribué à plusieurs femmes, mères de famille nombreuse et sans ressource, le prix Rayon, le prix Chambaud, les pensions ouvrières Irma Moreau, Joséphine Veret, Henri Bourdellet, ces prix étaient attachés à des fondations d’Aixois ayant choisi l’Académie pour pérenniser leur sens du partage. Un rapporteur étudie les dossiers et fait des propositions. Cela devait faire une belle assistance.

Le Président Paul Bagarry prend la parole pour disserter sur le Barreau aixois. Pas un mot sur la guerre, les négociations du Traité de Versailles se terminent, il sera signé le 28 juin.

La coquette salle des fêtes, c’est la salle actuelle des séances hebdomadaires il est possible de se demander si l’auteur n’a pas enjolivé les choses, exagéré le nombre des présents.  La première séance publique à l’hôtel Arbaud fut le 5 juin 1915, le Président Raymond Bonafous explique que c’est la guerre qui impose ce choix afin « d’éviter tout ce qui, même de loin, aurait pu avoir quelque apparence de fête ».

Aujourd’hui, 11 juin 2019, je salue les présents sans oublier les dames, sans doute en moins grand nombre, mais je fais remarquer que de nos jours, parmi les dames, plusieurs sont des académiciennes.

Le bilan d’une année académique apporte son lot d’habitudes et de surprises.

Dès novembre, comme chaque année depuis la présidence d’Albert Giraud, nous nous sommes placés devant le souvenir des anciens académiciens en déposant une gerbe au monument de l’Académie au cimetière Saint-Pierre. Je reprends une citation de Jean d’Ormesson retenue par la famille de notre confrère Frank Lapeyrere lors de ses obsèques : «  Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ». Ce dépôt n’est pas un rituel, mais un rite, c’est-à-dire un geste fort qui actualise le passé, engage l’avenir, assure la continuité et apporte la confiance pour la suite. L’après-midi, c’est la première réunion annuelle, statutaire, là on est dans le rituel, consacrée à l’élection du nouveau Bureau, c’est le précédent qui est reconduit à une exception près. Jean-Jacques Lecomte entame sa seconde année de présidence, Bernard Mille et Jean-Pierre Centi vice-présidents, Jean-Marc Jarry, trésorier, mais avec un nouvel adjoint Bertrand Morard, Jean Bonnoit reste archiviste, de même nos deux conservateurs Bernard Terlay pour le musée et Madame Dominique Mazel pour la bibliothèque patrimoniale et nos deux secrétaires de séance Marie-Clotilde Escalle et Madeleine Com, Jean-Luc Kieffer, perpétuel, est toujours secrétaire. Un grand merci à Dominique Mautin qui s’est longuement débattu avec les dossiers de subventions et qui laisse la place de trésorier adjoint. Le Président reprend ses fonctions, annonce la nouvelle année académique et le pot convivial de rentrée qui réunit les académiciens, les conjoints et les invités.

En mars, nous avons appris le décès de Madame Henriette Krotoff, membre associé honoraire. Cette année ne s’est pas terminée sans triste nouvelle, hélas, puisqu’un de nos confrères, Franck Lapeyrere, est décédé ces derniers jours. Nous fûmes assez nombreux à entendre le Président évoquer sa carrière académique, mais aussi une amitié, lors des obsèques.

Trois nouveaux académiciens ont été reçus : Jean-Claude Gautron, succédant à Maurice Flory, honoraire, il n’avait pas d’éloge à faire. Il a choisi d’évoquer la pensée d’un de ses anciens professeurs de Droit de la faculté de Bordeaux, Jacques Ellul, analyste reconnu et parfois prophétique, François d’Izarny-Gargas lui a répondu. Madame Élisabeth Marchessaux a fait l’éloge de Madame Lucienne Vincent en mettant en valeur son œuvre poétique, Jean-Luc Kieffer lui a répondu. Bertrand Morard a fait l’éloge du médecin-général-inspecteur Louis-Jean André, insistant sur sa très riche carrière de médecin spécialiste de médecine tropicale et son travail académique, Bernard Mille lui a répondu. En 2020, Jean-Louis Charlet, élu titulaire, prononcera son discours de réception. Nous comptons trois nouveaux membres associés : Jean-Yves Naudet, Michel de Boisgelin et Bernard Pascuito, et trois nouveaux membres correspondants : Patrick Boulanger, Bernard Fasbender et Emmanuel de Saboulin-Bolena. Leur présentation est parue dans la Lettre hebdomadaire, n° 10, n° 11, n° 12.

Habituellement les remerciements viennent en fin de discours, je souhaite les placer au centre de cette intervention. Le Bureau tient à remercier très vivement l’équipe, souvent réduite, qui a pris en charge La Lettre hebdomadaire, devenue un lien essentiel entre nous. Merci à son responsable Frédéric Couffy. Merci aux membres des différentes commissions pour leur engagement. Merci au confrère dévoué qui tient notre site à jour (academiedaix.fr). Merci à notre confrère Pierre Nalin qui, avec notre technicien, a pris en charge l’installation de la Wifi dans un hôtel particulier peu disponible.   Merci à celles et à ceux qui travaillent au classement des archives et à ceux qui ont continué la tradition des dons à l’Académie récemment réactivée, nous avons reçu des livres anciens, des œuvres d’artistes chinois et japonais, un lot important de gravures et de documents sur la Provence. En mon nom personnel, je tiens à remercier toutes les consœurs et tous les confrères qui me facilitent la tâche en me proposant de futurs sujets de communication, ce qui me permet d’annoncer que les programmes des 1er et 2e trimestres 2019-2020 sont pratiquement prêts. Il y a des places pour le troisième !

La richesse intellectuelle de l’Académie repose dans les communications, dont les auteurs, dans l’ensemble, respectent le temps imparti. Cette année nous avons tenu vingt-six séances, dont trois pour les réceptions et deux statutaires, soit vingt et une communications. Les thèmes historiques demeurent en tête, mais de peu, six sur vingt et un, la majorité, nous le verrons, est très éclectique.

Nous avons dit adieu au sous-marin Minerve avec une précision à la seconde près, nous avons roulé, comme les officiers des États-majors et même le Président de la République, pendant la guerre de 1914-1918, dans des automobiles d’un constructeur français, l’entreprise Sizaire, nous avons suivi la rédaction d’un livre d’histoire diplomatique aux participations plurielles : Giraud, Guizot et même Louis-Philippe, concernant les conséquences du Traité d’Utrecht , ces deux interventions faites par des descendants directs des acteurs, je précise cependant pour la seconde qu’il s’agit de Giraud, ancien président de l’Académie et ministre. Nous avons appris qu’il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour avoir une chance de survivre en cas de noyade, nous avons suivi la lente ascension des femmes dans les études médicales. L’histoire locale nous a fait découvrir les fouilles du Palais comtal, la rivalité entre Aix et Marseille pour la possession d’un atelier monétaire, nous nous sommes attablés devant la gastronomie aixoise et ses ressources locales. Saint Benoit Labre relève bien de l’histoire locale, mais la famille Bellon est plutôt liée à la médecine.

Les lettres et les arts nous conduisent des exempla médiévaux à Mellan dessinant Peiresc âgé, puis à Saint-Exupéry et à Julien Green. L’économie nous offre une généalogie pour le dollar américain, une réflexion sur les monnaies virtuelles, une approche des problèmes posés par la religion dans l’entreprise. Nous avons frémi devant les monstres en médecine, aiguisé notre curiosité à propos des affections et afflictions digestives dans la Bible. La justice s’occupa du troisième sexe. Je termine par un vœu singulier : « Donnez-nous notre pain quotidien et, de temps en temps, une inondation », réflexion écologique aux résonnances contemporaines, sur la défense contre la mer aux Pays-Bas. Cela fait vingt séances et la vingt et unième réserve une nouveauté. Le Bureau, sensible à plusieurs suggestions qui déploraient le manque d’éloge pour les membres honoraires décédés, a décidé de réserver une séance à leur mémoire. C’est ainsi que Jean Vaudour et André Bailly ont été évoqués lors de la séance du 7 mai. À cette même date, Max Michelard nous a fait un point sur la fondation de Lourmarin, soulignant le travail de celles et ceux qui s’y consacrent et souhaitant que beaucoup d’académiciens adhèrent aux Amis de Lourmarin, association qui soutient la Fondation.

L’anniversaire du 11 novembre a été l’occasion de mobiliser les Académiciens, d’abord lors d’une journée au château de Lourmarin puis pour répondre à une demande de la commune d’Eguilles qui, avec l’appui du Conseil départemental, souhaitait organiser une commémoration audiovisuelle. Le général Jouishomme et moi-même avons fourni le scénario. Les autorités municipales ont remercié l’Académie en soulignant le succès de cette manifestation.

Nous avons participé au colloque annuel de la Conférence nationale des Académies organisé, cette année, par l’Académie d’Alsace. Un colloque plutôt dense avec une réception dans les murs de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, une visite éprouvante au Mémorial de Schirmeck, lié à l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale, très voisin du camp de concentration du Struthof. Quelque temps après eut lieu l’attentat de Strasbourg, l’Académie d’Alsace a remercié de notre témoignage de soutien.

En octobre s’est tenu La Journée de l’Académie au château de Lourmarin avec pour thème : les senteurs et fragrances provençales. Merci à l’équipe organisatrice pour cette belle et riche manifestation, merci aux académiciens intervenants qui nous ont mis au parfum ! Après Tout autour du vin en 2015, Tout autour de l’olivier en 2016, la Renaissance en Provence en 2017, les Senteurs et Fragrances en 2018, en 2019 viendra La Provence, terre de couleurs. En aurons-nous fini avec les ressources provençales ?

Sur une initiative de notre confrère Henry de Lander, Bernard Mille a organisé rapidement un voyage au musée de Quinson, œuvre de l’architecte Norman Foster, où l’Académie fut accueillie par Monsieur Henry de Lumley venu spécialement de Paris, membre d’honneur de notre Compagnie et éminent paléontologue. Cette visite fut complétée par celle du musée des faïences de Varages. Vous pouvez lire le compte-rendu de ce voyage sur notre site. (academiedaix.fr).

La bibliothèque patrimoniale a retrouvé ses activités, Gaëlle Neuser et Amélie Ferrigno assurent l’accueil des chercheurs, les réponses aux nombreuses demandes numériques, aux prêts pour des expositions, ce qui vaut aussi pour le musée, le suivi du catalogage, les fonds les plus consultés, cette année : le fonds Mirabeau et le fonds Marcel Provence. Des demandes de subventions sont en cours pour le catalogage qui nécessite une aide extérieure, c’est un travail très méticuleux et nos richesses le méritent. Les cartons des couloirs disparaissent lentement, leur ouverture permet de faire de rares trouvailles comme cet incunable, connu, mais non localisé.

 Le musée est ouvert aux groupes dans les pièces visitables. Marie Janton les accueille sur rendez-vous. La réouverture totale n’est pas actuellement programmable, le cabinet d’architectes mandaté doit remettre ses propositions fin juin, le Bureau en prendra connaissance, rendra les arbitrages pour une rénovation pièce par pièce, après : tout dépendra des subventions accordées. Nous savons que la DRAC suit notre rénovation avec soin.

Vous êtes déjà au courant de la bonne nouvelle de l’obtention d’une subvention pour la restauration de la statue de Marie-Madeleine par les V.M.F., mais elle ne couvre pas l’ensemble du travail.

Cette année les Prix apportent deux innovations : la première, la sélection d’un ouvrage lié à un colloque, mais le sujet en valait la peine : Saint-Maximin et son couvent, la seconde, plus surprenante, concerne le prix d’Hippone, il est décerné, cette année, à une thèse, travail innovant et méticuleux, d’une étudiante italienne, rédigé en italien avec un avant-propos en français. Ceci est lié à une nouveauté universitaire qui ouvre les soutenances aux étudiants étrangers dans leur langue, avec un jury mixte, ici franco-italien.

Vous vous souvenez que Marc Fumaroli, membre d’honneur de notre Académie a été promu à la dignité de grand officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur et j’ai le plaisir de vous annoncer que le Premier ministre vient de féliciter notre confrère Max Michelard pour sa nomination au grade de chevalier dans l’Ordre national du Mérite, Décrets du 29 mai 2019, Journal officiel du 30 mai 2019.

 Je peux, maintenant, laisser la place à notre confrère Jean-Claude Gautron pour l’éloge de la Vertu. Faut-il rappeler qu’en 1409 le pape Alexandre V, en confirmant la fondation de l’Université d’Aix par Louis II, comte de Provence, aurait dit à propos de notre ville : “Urbs eminens,abundans in virtutibus”, Cité éminente où les vertus abondent.

Merci pour votre attention.

 

                                                                                Jean-Luc Kieffer

 

 

 

 

 

Discours de clôture de l’année académique 2017-2018

Mardi 12 juin 2018

 

 

Monsieur le Président,

Chères consœurs, chers confrères,

Mesdames, Messieurs.

Il n’était pas membre de l’Académie, ses obsèques ont eu lieu le 6 juillet 2017, il s’appelait Blaise Diagne, fils du médecin-général Adolphe Diagne, Compagnon de la Libération, il était maire de Lourmarin.

Le 6 juillet, il a été conduit au tombeau familial, voisin de celui d’Henri Bosco, voisin de celui d’Albert Camus. Un immense cortège, près de 3000 personnes rapporta la Presse, traversa le village, aux magasins fermés en signe de deuil. Un cortège où l’on se parlait à voix basse. La Fondation était représentée par son Président Max Michelard et par notre consœur Danièle Antonelli, l’Académie par son secrétaire perpétuel. Le village honorait son maire, la Fondation Laurent-Vibert et l’Académie étaient reconnaissantes de l’attention soutenue que le maire de Lourmarin avait portée au château et à toutes ses activités. Blaise Diagne était un interlocuteur convaincu de l’importance de la Fondation pour la vie économique et culturelle du village. J’ai assisté, comme d’autres certainement, à des obsèques officielles mais rarement avec la dignité retenue de ceux-ci.

Je souhaite que vous me pardonniez ce début insolite.

Raymond Bonafous, dans son premier discours en tant que Président de l’Académie, le 12 juin 1914, faisait remarquer que « les Immortels d’Aix n’échappent pas plus que ceux de Paris, à l’inflexible loi du trépas ». Ainsi, notre Société a aussi ressenti de la tristesse à la disparition de plusieurs de ses membres : Mademoiselle Démians d’Archambaud, historienne spécialiste de la Provence médiévale, Madame Suzanne Estève, chartiste, ancienne conservatrice de la Méjanes, toutes deux membres associés, Madame Rémy-Trouillet, chartiste, ancienne conservatrice du Musée-bibliothèque Arbaud et première femme membre titulaire de l’Académie. Puis des confrères, membres titulaires, associés ou honoraires, certains ayant tenu une grande place dans nos activités intellectuelles : Michel Horassius, André Bailly, Jean Vaudour, George Vindry, Mgr Bernard Panafieu et enfin un de nos membres d’Honneur le comte Arnaud d’Hauterives, membre de l’Institut.

Deux de nos confrères ont quitté l’Académie pour des raisons personnelles : Messieurs Guy Vincent et Alfons Hamer.

La pérennité d’une institution académique est assurée par le renouvellement de ses membres choisis parmi des personnes éprises de culture, de confrontation intellectuelle, de liens centrés sur une tradition historique à maintenir.

Cette année deux nouveaux membres titulaires ont prononcé leur discours de réception : Philippe Malburet, élu au siège d’André Turcat dont il fit un bel éloge, Jean-Marie Roux lui a répondu et Jean-Pierre Centi, élu au fauteuil de Roger Bout. Son éloge fut particulièrement ressenti, éloge d’un ami s’engageant dans une succession, Jacques Lafon lui a répondu.

Nos dernières élections statutaires nous ont apporté deux nouveaux membres titulaires qui feront leur discours de réception l’année prochaine : Jean-Claude Gautron et Bertrand Morard, le premier au fauteuil de Maurice Flory, devenu honoraire, le second à celui du médecin-général-inspecteur Louis André. Elles nous ont enrichis avec de nouveaux membres associés : Madame Christine Aubry-Camoin, magistrat honoraire, Messieurs Éric Barrande, notaire et Pierre Dussol, professeur d’Université, tous deux aussi honoraires, et de nouveaux membres correspondants : Messieurs Jean Donnadieu, Délégué de l’Inspection générale de la Police nationale honoraire et Patrick Monjou, professeur d’histoire, encore en activité, Michel Jourdan, Anne Otelli-Cavelli, historienne de l’art, Françoise Gallo, écrivain et scénariste, et Jean-Paul Spire, professeur de médecine. Nous avons un nouveau membre d’honneur : Monsieur Alexandre Maral, conservateur général au musée national des châteaux de Versailles et du Trianon. Vous le savez, une Académie ce ne sont pas seulement de nouveaux membres élus, ce sont aussi des membres ayant la confiance de leurs consœurs et confrères, élus pour gérer la vie de l’institution : les membres du Bureau. Le Bureau ! Onze personnes, élues ou réélues, sauf une, chaque année, qui se réunissent mensuellement pour assurer la continuité de l’Académie. Si nous étions à Venise, le Bureau serait plus le Grand Conseil que le Conseil des Dix ! Et notre Doge est accessible ! Nos plombs sont ceux des sceaux de nos collections et les soupirs, ceux que le manque de mètres linéaires ou, plus certainement, les questions financières nous font pousser !

Un nouveau Président, Jean-Jacques Lecomte, a succédé à Bernard Mille, devenu statutairement Premier vice-président, un Second vice-président Jean-Pierre Centi, nouvellement élu. Les autres membres du Bureau réélus : Dominique Mautin, trésorier-adjoint auprès de Jean-Marc Jarry, trésorier titulaire, Maurice Bernard, archiviste, Bernard Terlay, conservateur du musée, Dominique Mazel, conservatrice de la bibliothèque patrimoniale, Marie-Clotilde Escalle secrétaire de séance, Madeleine Com, secrétaire-adjointe. Jean-Luc Kieffer, secrétaire perpétuel, échappe aux élections.

Les différentes commissions ont accueilli de nouveaux participants engagés dans la vie académique.

Céline Fallavard-Avondet, pour des raisons personnelles et familiales, a souhaité quitter son poste. À son départ, le Président en exercice Bernard Mille lui a redit combien l’Académie avait apprécié son travail tant lors du déménagement de la bibliothèque que de son retour, le tout assumé avec une grande efficacité, toujours avec sourire, parfois un peu las. Nous sommes à la recherche d’une remplaçante, Gaëlle Neuser ne peut se dédoubler ! Cette année, elle a reçu près de 150 chercheurs ou lecteurs, elle a répondu aux demandes extérieures relativement nombreuses, tout en assurant son travail quotidien de bibliothécaire. Nos réserves patrimoniales sont connues même si toutes ne sont pas encore accessibles par numérisation, autre tâche en suspens.

En 2017-2018, l’Académie a tenu 25 séances, mais n’a entendu que 21 communications puisque nous mettons à part la séance de rentrée du 7 novembre, avec son dépôt de gerbe au monument de l’Académie au cimetière Saint-Pierre et ses élections statutaires, celle d’aujourd’hui, clôture de l’année académique et les deux séances de réception. Cette année l’histoire s’est taillé la part du lion, encore Venise ! et Arles aussi !

Si nous suivons l’ordre chronologique du temps et non celui des séances, nous avons eu une réflexion sur Xénophon d’Athènes, Fortune de Brack, officiers de cavalerie, certes une communication qui enjambait les siècles, une seconde sur le même modèle, la représentation du ciel depuis Anticythère jusqu’au planétarium moderne. L’énigme des stèles d’Entremont ne déborda pas de l’Antiquité mais nous promena du VIIIe au IIe siècle av. J.-C. Les suivantes recouvrent des périodes plus restreintes : l’affaire du Freinet, présence discutée des Sarrasins. Puis le récit croisé d’un couple singulier, miroir de l’épopée des juifs et néophytes provençaux à la fin du Moyen-âge ; le petit tambour d’Arcole ; Giraud, Guizot, Thiers et les autres qui nous plongea dans le passé de l’Académie ; 1917, l’année qui a changé le monde. L’extraordinaire aventure du chemin de fer du Yunan, une épopée où des ingénieurs français triomphèrent des difficultés naturelles dans un pays lointain ; les Indiens d’Amérique : nos souvenirs rimbaldiens furent corrigés ! Que nous avait appris Le bateau ivre ?

Comme je descendais des Fleuves impassibles,        

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Et nous fûmes placés devant une civilisation particulière, loin des clichés de nos lectures d’enfants ou des images des premiers westerns. Enfin la présentation d’un historien généraliste : G. Lenotre, une grande petite histoire, avec cette surprise, qui dut réjouir les vieux murs de notre hôtel, une entrée en matière et une conclusion, en alexandrins ! Nous sommes loin de ce XIXe siècle où poésie provençale et française résonnaient dans ces murs.

D’autres sujets relevèrent de thèmes différents mais où l’histoire n’est jamais bien loin. Ainsi : une proposition de censure philologique pour l’édition des textes classiques à Rome sous le pontificat de Paul III (1470). C’est vrai aussi pour des sujets d’art ou de littérature : les Recueils d’Albert Camus : des Essais aux Nouvelles ; Chagall, les écrits. Qu’est-ce ce que le théâtre : évocation poétique ou action dramatique ? question posée par notre confrère, professeur à l’Université de Tokyo, à propos d’une comparaison entre le théâtre No et le théâtre classique français. Puis nous découvrîmes les stèles en Champsaur et Valgodemar, leur typologie, la société qu’elles révèlent et, en comparant avec les noms sur les monuments aux morts, le peu de tombes de la Première Guerre mondiale, les soldats tués reposent loin de leur terre natale.   La couleur nous sourit avec Fauves de Provence, Fauves en Provence ; Kandinsky, abstraction et couleur. Nous avons terminé l’art sur un mélange d’art, d’histoire et de société avec la présentation d’une des richesses du musée Arbaud qui vient d’être restaurée : sainte Consorce, sainte de la Durance, invoquée pour faire venir la pluie.

Alors, après ces énumérations, l’économie nous paraît bien être le parent pauvre de cette année académique avec une seule communication, mais d’actualité sur mondialisation et emploi : malus en France, bonus ailleurs. Je gardais, pour la fin, la présentation d’un contemporain Philippe Mauret, le Français qui a bouleversé la chirurgie.

Cet inventaire, un peu fastidieux à écouter, met en valeur la justesse de la remarque du Président Bonafous, déjà cité : «  Une académie est un groupement de personnes instruites, ou tout du moins cultivées, qui se réunissent pour se perfectionner les unes les autres au moyen de lectures… C’est un enseignement mutuel où chacun est, alternativement, maître et disciple… La vérité est que nous sommes très intéressés par les communications que nos confrères nous font… La lecture ne remplit pas toute la séance. Quand la lecture est achevée, une discussion courtoise s’engage et l’on apprend encore. » En 1914, il n’y avait pas de consœurs, en 2018 ces phrases restent d’actualité avec l’enrichissement lié à l’ouverture d’esprit des confrères lors de l’élection de Madame Rémy-Trouillet.

Et les travaux ? thème récurrent depuis plusieurs années. Ceux concernant les combles et la bibliothèque patrimoniale sont terminés. Les chercheurs sont de nouveau accueillis plus nombreux, il faut savoir que l’accueil de chercheurs n’a jamais cessé pour la consultation des archives non externalisées, principalement les dossiers de familles et les livres de la Réserve. Les bibliothécaires ont continué de travailler dans les difficultés. Certes des caisses encombrent encore nos couloirs, mais les choses se résorbent peu à peu, notre consœur Dominique Mazel et Gaëlle Neuser attendent cette troisième personne qui doit venir. J’ai déjà noté, dans la Lettre hebdomadaire, un fait nouveau à mettre en valeur, le legs de livres ou d’objets. La bibliothèque s’est enrichie des œuvres complètes d’Élisée Reclus, d’une édition ancienne de Buffon, d’un diplôme d’anoblissement de 1716 avec une magnifique enluminure, signé par Charles VI, empereur du Saint Empire et d’une belle édition de l’œuvre magistrale de l’abbé Henri Brémond. Merci aux donateurs. Il faut aussi comprendre que nous ne pouvons tout accepter, un don doit s’insérer dans les cadres de la bibliothèque ou du musée, à la fois matériels et thématiques. Nous avons plus de souplesse pour le musée, héritier d’un cabinet de curiosité, ainsi les derniers dons allaient d’un peigne de cardeur ancien au masque mortuaire du peintre aixois Joseph Ravaisou, ami de Cézanne, mort en 1925.

Quant au musée, il a repris un peu de couleur avec les présentations des vitrines par Marie Janton. Actuellement le Bureau a lancé la suite des travaux : une commission étudie les modalités de rénovation de la partie muséale, un cabinet d’architecte spécialisé a été mandaté pour cette approche. L a suite dépendra évidemment des subventions accordées par les institutions, sauf à trouver un ou des mécènes, ou, comme dans le passé de l’Académie, des legs.

Cette année la réunion de la Conférence Nationale des Académies, sous le patronage de l’Institut de France, s’est tenu à Paris. Le thème retenu était l’Héritage. Nous étions plusieurs à y assister et à apprécier la richesse des interventions. Lors de l’assemblée générale qui a suivi le colloque, le président nous a fait part de difficultés financières que connaissait la C.N.A. Sur la demande du Bureau national, les académies ont voté une augmentation de leur contribution au budget général.

La revue Akademos, organe de la C.N.A., publie des articles sélectionnés que les Académies lui envoient, ainsi dans le n° 35 de 2017 est paru la communication de notre confrère Jean Bonnoit sur Habib Bourguiba et la Tunisie… De même sur le site de la C.N.A. vous pourrez lire une réflexion sur l’enseignement privé de notre confrère Bernard Mille, répondant à une demande du Président de la C.N.A. et la communication, au titre volontiers provocateur, « Quand les missionnaires de Provence investissaient le dortoir des Carmélites » de notre confrère Bertrand Morard.

Nous avons reçu, en mars, Mgr Jean-Louis Bruguès, dominicain, archevêque français, responsable de la bibliothèque et des archives secrètes du Vatican. Il a visité la bibliothèque patrimoniale et, pendant une heure, a répondu, avec simplicité et conviction, aux questions des académiciens réunis pour la circonstance.

En 2017-2018, trois sorties : notre consœur Madame Nuria Nin nous a fait découvrir les fouilles du palais comtal, un livre ouvert dans le passé aixois, ensuite la visite d’une propriété viticole, le château du Seuil, sous la direction de la propriétaire notre consœur Madame Agnès Daussun, enfin un voyage à Arles, en mai. Le matin, sous la houlette de Monsieur David Kirchthaler nous avons parcouru les caves de l’amphithéâtre puis admiré le cloître restauré de Saint Trophime. Après un repas sympathique, une tour contemporaine nous fut présentée sous la direction de Monsieur Jean-Romain Gassend, co-directeur du chantier et fils de notre confrère Jean-Marie Gassend, à l’initiative de ce voyage. Cette tour est l’œuvre de l’architecte Franck Gehry, également auteur de la Fondation Vuiton à Paris, et du musée Guggenheim à Bilbao.

Nous continuons notre collaboration avec des associations comme la section locale de la Légion d’honneur et d’autres. La bibliothèque patrimoniale a reçu deux stagiaires : une collégienne pour son dossier de troisième qui compte pour le Brevet des collèges et une étudiante pour son stage professionnel en Master 1.

 La municipalité d’Éguilles, répondant à une demande de la Présidente du Conseil départemental concernant la célébration de l’armistice du 11 novembre qu’elle souhaite commémorer, a fait appel à l’Académie pour préparer le scénario d’une manifestation audiovisuelle. Il a été prévu de la projeter sur la façade de la mairie d’Eguilles. L’Académie a répondu favorablement. Nous nous engageons, Bernard Jouishomme et moi, à fournir les travaux historiques.

Le samedi 14 octobre s’est déroulé la journée de l’Académie au château de Lourmarin. La nouvelle équipe chargée de cette manifestation avait voulu recentrer le propos sur la Provence, d’où, en 2015, la Journée sur le Vin, en 2016 celle sur l’Olivier, et cette année sur la Renaissance en Provence, avec une jolie publication des actes du colloque. Entre une introduction et une conclusion du Président Bernard Mille, douze consœurs et confrères égrenèrent les différents aspects de cette période de l’histoire provençale, hélas, souvent heurtée. Le thème du colloque de l’année prochaine est audacieux, il concerne les odeurs, les couleurs et les saveurs de la Provence. La Provence des odeurs ! Si l’on en croit l’auteur de Souvenirs de voyages, Madame de Sévigné l’avait baptisée « la gueuse parfumée ». L’auteur, le marquis Alexandre, Auguste de Galliffet, l’avait repris en tête de cet ouvrage de 1844 où il avait rassemblé des lettres à Marguerite, pour la séduire, lui faire abandonner Paris et venir en Provence.

L’Académie a été honorée à travers une de ses membres, Madame Dominique Mazel a été nommée chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques. Cette « légion violette » n’est pas sans rapport avec l’Académie ! Elle est née lors de la création de l’Université impériale le 17 mars 1808, et notre Académie a repris vie grâce à l’initiative du docteur Gibelin, bibliothécaire de la ville d’Aix, le 11 février 1808.

Depuis janvier 2018, vous avez pu constater, chères consœurs, chers confrères, l’évolution du contenue de La Lettre hebdomadaire. Une attente s’était manifestée, l’équipe de rédaction a voulu y répondre. Nous pouvons la remercier pour le travail effectué. Cette Lettre est devenue un moyen efficace de communication interne, c’est le site de l’Académie qui relaie le contenu des communications rédigé par les secrétaires de séance. Notre confrère, Jean-Claude Gautron, âme du site, est aussi à féliciter.

Je vais laisser la parole à notre confrère Max Michelard, Président de la Fondation Lourmarin Laurent-Vibert. En ce jour, pas d’éloge de la Vertu mais un hommage à un homme à qui l’Académie doit beaucoup, Robert-Henri Laurent-Vibert. Son amitié avec un de nos anciens présidents Édouard Aude nous vaut l’alliance actuelle d’un château vauclusien et d’un hôtel particulier aixois., d’une Fondation et d’une Académie.

Jean Varille, secrétaire général de l’Association des Amis de Lourmarin, écrivait en 1971 « … la Fondation demeure une création continue d’hommes de bonne volonté à qui seulement importe la réussite d’une œuvre audacieusement entreprise et réussie depuis cinquante années ». Aujourd’hui, comme pour l’Académie, il faut dire d’hommes et de femmes de bonne volonté. Merci à celles et à ceux qui par leur fidèle présence et leur participation active aux activités de ces associations jumelées assurent la pérennité de la réussite célébrée par Jean Varille.

La Vertu n’est pas oubliée, elle couronnera l’œuvre d’une association humanitaire, la remise des prix historiques et littéraires suivra.

Merci de votre attention lors de cette 194e séance publique de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix.

                                                                                                        Le Secrétaire perpétuel

                                                                                                        Jean-Luc Kieffer